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Le Mois du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus Christ
Saint Gaspard de Bufalo

Mois de juin consacré à honorer le Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ Traduit de l’italien par Saint Vincent-Marie Strambi et approuvé à Rome

Trente-et-unième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous obtient le don de la persévérance  Considérez, ô mon âme, que la persévérance finale jusqu’au moment de la mort, ce don précieux du Seigneur, que l’homme ne peut mériter, et que sans nulle injustice Dieu pourrait nous refuser, s’obtient uniquement par les mérites du Sang de Jésus. Sachez encore que l’âme qui la demande constamment en vertu de ce Sang l’obtiendra. Et comment n’en serait-il pas ainsi ? Comment ne parviendrait-elle pas au port du salut, l’âme qui a passé à travers la mer de ce précieux Sang ? Comment pourra se perdre une âme qui est déjà entre les mains du Sauveur, où elle a laissé son empreinte en caractères de Sang ?

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Trentième jour

La sainte Vierge nous enseigne la dévotion au Sang très-précieux de Jésus-Christ en s’offrant pour nous  C’est une opinion assez commune parmi les saints Pères, et c’est en particulier celle de saint Bernard, que les âmes ne reçoivent jamais de la bonté du Seigneur aucune grâce qu’elle ne passe d’abord par les mains de la très-sainte Vierge Marie. Or, ce trésor inappréciable du Sang très précieux de Jésus est déposé dans les mains de Marie, non-seulement pour l’offrir continuellement à l’auguste Trinité en faveur des âmes recommandées à sa protection maternelle, mais encore pour les enrichir comme d’un gage assuré de la bienheureuse immortalité ; et c’est pourquoi sainte Madeleine de Pazzi avait souvent recours au Seigneur dans cette forme

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Vingt-neuvième jour

Dans le saint Sacrifice de la messe on offre chaque jour le très-précieux Sang de Jésus-Christ pour les mêmes fins qu’il fut offert sur le Calvaire  Le Sang de l’Agneau immaculé fut offert sur la Croix, dit saint Thomas l’Angélique, pour quatre fins principales : pour rendre l’honneur infini qui était dû à la divine Majesté, tribut que toutes les créatures ensemble n’étaient pas capables de Lui offrir : pour donner satisfaction à Sa Justice divine de tous les outrages reçus des hommes, pour remercier Sa Bonté infinie de toutes les grâces qu’Elle daigne nous départir ; et enfin pour obtenir les autres grâces nécessaires à notre salut. C’est encore pour ces mêmes fins que Jésus-Christ revient chaque jour sur

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Vingt-huitième jour

L’effusion du très-précieux Sang de Jésus dans l’ouverture de Son côté  Jésus-Christ étant mort sur la Croix, un soldat frappa Son côté avec une lance aiguë, et ouvrit par là une nouvelle source de Sang qui jaillit avec l’eau de son cœur entr’ouvert. Il fut frappé, dit saint Bernard, de cette lance cruelle de barbarie et de fureur, parce qu’Il avait d’abord été frappé par la lance de l’amour. Voici le Sang nouveau qui augmente notre espérance. Son Cœur s’ouvre comme une arche de refuge pour les justes et pour les pécheurs. Ils y sont tous invités : Venez, ma colombe, dans les fentes de la pierre, dit-il à l’âme juste qu’Il invite comme une colombe chérie à se retirer

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Vingt-septième jour

L’effusion du très-précieux Sang de Jésus-Christ dans Son crucifiement  Arrivé au haut du Calvaire, après un pénible trajet, où il eut à supporter le poids de l’arbre de la Croix sur Ses épaules blessées et sanglantes, Jésus-Christ fut livré à toute la fureur des Juifs, et dépouillé de tous Ses vêtements, jusqu’à celui-là même qui touchait Sa chair et que le nombre et la violence des coups avait collé à sa peau ; ce qui fait dire à saint Laurent Giustiniani, dans une pieuse réflexion, que Ses plaies se renouvelèrent alors, et que Son Sang coula de nouveau. Considérez donc ici, ô mon âme, la cruelle douleur de Jésus, Sa confusion, les opprobres, les insultes, les tortures que cet agneau

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Vingt-sixième jour

L’effusion du très-précieux Sang de Jésus-Christ dans le couronnement d’épines  Non contents d’avoir cruellement flagellé le divin Rédempteur, les bourreaux trouvèrent moyen de le torturer là où n’avaient pu l’atteindre leurs verges, et poussés par la plus féroce barbarie ils formèrent une couronne d’épines acérées ; ils la firent entrer dans sa tête avec tant de force, qu’avec des tourments inouïs elle vint jusque sur ses tempes dont elle fit ruisseler le sang. Voilà ce qu’ont produit les pensées dépravées des hommes : le pécheur n’est jamais rassasié : s’il ne peut pas pécher par ses œuvres, il pèche par la pensée et le désir, et il boit l’iniquité comme l’eau. Tendre Rédempteur, Vous qui aviez présents à Votre esprit

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Vingt-cinquième jour

L’effusion du très-précieux Sang de Jésus-Christ dans la flagellation  Parmi les nombreux tourments que Notre Seigneur souffrit à l’époque de Sa Passion, un des plus cruels fut certainement la flagellation qu’Il eut à endurer dans le prétoire de Pilate. Il est dépouillé de Ses vêtements et attaché nu à une dure colonne ; on apprête les cordes, les verges de fer, les poignées d’épines, et avec ces cruels instruments on déchire le Corps du Rédempteur. Le sang ruisselle ; aucune partie n’est exempte de coups ; il n’est plus qu’une plaie. La prophétie d’Isaïe est réalisée ; Il n’a plus de beauté ni d’éclat, Il est méprisé, Il est le dernier des hommes, l’homme de douleurs. Son visage est comme

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Vingt-quatrième jour

L’effusion du Sang très-précieux de Jésus-Christ dans le jardin de Gethsémani  L’heure décrétée de toute éternité s’approchait à laquelle le Fils de Dieu devait Se sacrifier pour nous pécheurs, au milieu des plus cruels tourments : et c’est pourquoi, après avoir célébré la Pâque avec ses apôtres, et avoir laissé le gage le plus sincère de Sa charité dans l’institution du très-saint sacrement, Il sortit du cénacle et se rendit à Gethsémani, où il avait coutume de se retirer pour prier. Mais hélas ! dans cette prière Il se trouble, s’attriste et souffre l’agonie de la mort. Deux bourreaux s’acharnent contre lui, et déchirent son tendre cœur ; c’est d’une part la vue des péchés du monde, et de l’autre

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Vingt-troisième jour

Le très-précieux Sang de Jésus-Christ nous encourage à supporter avec patience notre croix  La vie du chrétien doit être une vie crucifiée, dit saint Augustin, puisque nous sommes les disciples de Jésus qui pour nous mourut sanglant sur une Croix. Et en effet le Rédempteur lui-même dit dans son Évangile que celui qui veut Le suivre doit prendre sa croix, et doit imprimer ses pas sur les sentiers du Calvaire. Et l’apôtre assure qu’il ne sera jamais digne du nom de chrétien celui-là qui ne vit pas crucifié. Certes nous ne manquons pas d’occasions de crucifier la chair rebelle avec ses désirs dépravés, dans cette misérable vallée de larmes où nous vivons, et où chaque pas nous amène amertumes et

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Vingt-deuxième jour

Le Sang très précieux de Jésus-Christ enrichit l’âme de toutes les vertus  Formé de la main toute-puissante de Dieu pour être l’heureux séjour de nos premiers parents dans l’état d’innocence, le Paradis terrestre renfermait les sources abondantes de quatre fleuves qui se répandaient sur toute la terre. Quel était le sens symbolique de ces fleuves, sinon les plaies sacrées de Jésus ? De ces plaies dérivent comme d’une source abondante toutes les grâces qui se répandent dans les âmes avec le Sang précieux qui en découle. Voyez sainte Gertrude dans ses admirables extases ; il lui semblait que des plaies très saintes de Jésus sortait, pareil à de grands fleuves, le Sang divin qui fertilisait les champs de la sainte

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Vingt-et-unième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ allume la Charité dans les âmes  Combien était ardent dans le très-aimable cœur de Jésus le désir de répandre Son Sang pour la Rédemption du monde ! « Je dois être baptisé d’un baptême de sang, et qu’il me tarde qu’il soit accompli ! » C’est ainsi que s’exprimait le Seigneur afin de nous montrer combien était grand Son désir de répandre Son Sang pour la Rédemption du monde et d’en former un bain salutaire à nos âmes. Si nous considérons la générosité avec laquelle Il le répandit et le prix incomparable de ce Sang précieux, nos cœurs ne seront-ils pas embrasés d’amour, et ne répèterons-nous pas avec l’Apôtre : « La charité de Jésus-Christ

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Vingtième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ fortifie notre espérance  Tant que nous vivons dans cet exil et dans cette vallée de larmes, notre ame est comme au milieu d’une mer orageuse, dit saint Bernard; à chaque instant elle court risque de faire naufrage, assaillie sans cesse de mille tentations, par lesquelles le démon cherche à la gagner et à la précipiter dans l’abîme du désespoir; tantôt par le souvenir des fautes passées, tantôt par la terreur du jugement, tantôt par la faiblesse et l’infirmité que nous éprouvons tous, notre ennemi commun cherche à nous entraîner dans la prévarication. Mais quel sera le moyen le plus efficace de ne pas faire naufrage ait milieu de ces flots et de ces tempêtes? Comment

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Dix-neuvième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ confirme notre foi  Considérez, mon âme, le grand don que nous avons reçu dans le saint baptême, nous chrétiens, alors que le Seigneur mit dans nos âmes sa sainte foi, et, du milieu des ténèbres, nous appela à son admirable lumière. Don précieux qu’il nous a départi, de préférence à tant d’âmes infortunées qui gémissent dans l’infidélité, loin de cette arche de salut qui est l’Eglise. Don qui, moyennant la charité, nous rend participants à

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Dix-huitième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ remplit l’âme de douceur et de paix  Le prophète Isaïe avait depuis longtemps prédit que dans la plénitude des temps les âmes puiseraient avec joie les eaux suaves et douces que répandent les fontaines du Sauveur. Et quelles sont ces eaux suaves et douces, sinon les célestes consolations qu’on reçoit par les mérites du sang très-précieux du Rédempteur, qui se répand par autant de fontaines qu’il y a de plaies sacrées? Oh! avant-goût du paradis

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Dix-septième jour

Le sang très-précieux de Jésus-Christ nous donne la vie éternelle perdue par le péché  Dieu avait menacé Adam de la mort, s’il goûtait jamais le fruit défendu de l’arbre de la science du bien et du mal. Mais lui, tenté par Eve, le mangea, transgressa le commandement du Seigneur, et encourut la loi de mort dont l’avait menacé la colère de Dieu. Outre cette mort apportée dans le monde par le péché originel, le péché actuel l’apporte encore tous les

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Seizième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous ouvre l’entrée du paradis  Le péché avait fermé l’entrée de la béatitude éternelle, et le genre humain gémissait dans les ombres de la mort et au milieu des plus épaisses ténèbres, misérablement condamné à l’enfer, lorsque pour ouvrir les portes bienheureuses fermées par le péché, le Fils de Dieu descendit du ciel sur la terre, se revêtit de notre chair, se fit humble et petit et se sacrifia sur la croix. Par là il

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Quinzième jour

Le Sang de Jésus-Christ, soulagement des âmes du Purgatoire  Considère, mon âme, qu’on ne peut entrer dans le Paradis, à moins d’être parfaitement purifié de la moindre tache, et qu’après avoir pleinement satisfait à la divine Justice ; rien de souillé ne pouvant entrer dans la bienheureuse Sion. C’est pour cela que Dieu, juste Juge, retient dans le purgatoire les âmes qui ont quitté ce monde imparfaitement purifiées, afin de les admettre après leur purification dans le séjour éternel. Et

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Quatorzième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous obtient une sentence favorable au jugement particulier  Oh ! combien sont terribles, Seigneur, vos jugements divins ! Vous qui avez trouvé des taches dans les anges eux-mêmes, et devant qui les cieux ne sont pas purs ; Vous qui jugez toute parole oiseuse, hélas ! que deviendrai-je, disait le saint homme Job, quand vous viendrez me juger ? Et moi, misérable pécheur, que ferai-je ? Ah ! je le sais, je le sais, ce

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Treizième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ adoucit la mort  L’homme craint naturellement la mort ; et si à cette crainte naturelle se joint le souvenir des péchés commis, oh ! combien elle sera plus terrible encore ! Eh bien ! pour dissiper cette crainte, et rendre notre mort douce, nous trouvons un secours admirable dans la dévotion au Sang très-précieux de Jésus-Christ. Notre âme, en considérant Jésus crucifié dont le Sang ruisselle de toute part, conçoit l’espérance du salut, et sent

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Douzième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de l’Extrême Onction  Notre divin Rédempteur prévoyait bien les angoisses, les inquiétudes, les afflictions et les douleurs dans lesquelles se trouvent les âmes au moment de leur séparation d’avec le corps ; il savait bien quels sont leurs besoins au moment de la mort, moment terrible d’où dépend l’éternité. C’est pourquoi Il a voulu assumer sur Lui-même d’amères tristesses et une mortelle agonie ; pendant trois heures continues, Il voulut

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Onzième jour

Le Sang précieux de Jésus nous alimente dans la très sainte Communion  Lorsque fut venue l’heure de partir de ce monde et de retourner vers Son divin Père, le tendre cœur de Jésus-Christ ne pouvait se déterminer à laisser Ses disciples orphelins et abandonnés ; et c’est pourquoi, après avoir célébré la Pâque, selon le rite de la loi de Moïse, il institua le saint sacrement de l’Eucharistie, dans lequel Il nous nourrit de Sa propre Chair et de Son

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Dixième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de la Pénitence  Il y avait à Jérusalem une piscine appelée Probatique, qui était entourée de cinq portiques, où étaient des infirmes de toute espèce, attendant la venue de l’Ange du Seigneur, qui mettait les eaux en mouvement, et le premier qui s’y plongeait était guéri. Or cette piscine, disent les saints Pères, était un symbole du sacrement de la Pénitence, formé avec le sang de la Rédemption. L’Église ouvre

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Neuvième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous fortifie dans le sacrement de la Confirmation  La vie de l’homme sur cette terre est une guerre continuelle, et il lui faut combattre jusqu’à la mort pour remporter la couronne de la gloire éternelle : « Esto fidelis usque ad mortem, et dabo tibi coronam vitœ », dit le Seigneur à un évêque dans l’Apocalypse. La faiblesse et l’infirmité de la chair nous accompagnent jusqu’au tombeau, les grands dangers sont fréquents, les assauts des

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Huitième jour

Le Sang très-précieux de Jésus-Christ nous purifie dans le sacrement de Baptême  Jésus-Christ, en expirant sur la Croix, venait de consommer le sacrifice de justice et de charité que le divin Agneau offrit pour nous sur cet autel de miséricorde ; un des soldats qui étaient sur le Calvaire prit alors une lance, et frappant le côté sacré de Jésus-Christ, l’entrouvrit et en fit sortir l’eau et le sang, symbole, au dire de saint Augustin, des sacrements qui purifient et

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