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Maria Gargani, fille spirituelle du Padre Pio

Demain commence le mois de juin, consacré au Sacre Cœur de Jésus. Maria Gargani nourrissait une dévotion toute particulière envers Son Très Saint Cœur présent dans la Sainte Eucharistie. Voici un bel article consacré à sa vie.

Aux sources d’une vocation

Maria Gargani naît le 23 décembre 1892 à Morra Irpina, une commune de la province d’Avellino (Campanie, Italie), dans une famille d’agriculteurs composée de huit enfants. Maria étudie pour devenir enseignante et devient institutrice en 1913 à San Marco La Catola, près de Foggia. Elle rejoint la « Mistica Betania », un groupe de prière qui se réunit au monastère des capucins. Le désir de consacrer sa vie à Dieu grandit alors en elle. Elle commence par entrer en tant que laïque dans le tiers ordre franciscain, au sein duquel elle est catéchiste. Plus tard, elle devient également membre de l’Action catholique.

Une charité concrète au service des plus pauvres

Maria entreprend diverses activités d’apostolat parmi les enfants et les jeunes du village. Elle les réunit dans une salle qu’elle loue elle-même et utilise du matériel acheté avec ses économies. Les malades sont également l’objet de ses soins. Maria assiste par exemple Lucia et Rosinella : la première est aveugle et vit abandonnée dans l’hospice, la seconde souffre d’arthrite déformante. Maria lui apprend à fabriquer des fleurs en papier pour qu’elle puisse gagner un peu d’argent pour vivre.

Sous la direction spirituelle du Padre Pio

En août 1916 commence sa correspondance avec Padre Pio. À partir de là et jusqu’à la mort de ce dernier, en 1968, il sera son accompagnateur spirituel. Ils échangent quelquefois en personne ; Maria décrit d’ailleurs dans son journal leur première rencontre, dans le monastère capucin San Marco La Catola, en 1918. Elle discute notamment avec lui de son désir de se consacrer à Dieu et de son discernement pour savoir dans quel institut religieux s’engager. Elle hésite et essaie plusieurs d’entre eux, mais sans trouver sa place.

L’appel intérieur : une mission reçue devant l’Eucharistie

Dans la seconde moitié de l’année 1933, de plus en plus indécise quant à sa vocation, Maria décide de faire une neuvaine à la Vierge. Au neuvième jour, agenouillée devant le saint sacrement dans l’église mère de Volturara, elle comprend ce que Dieu lui demande. Dans une « lumière intellectuelle », comme elle le définit dans son journal, elle comprend qu’elle doit fonder une nouvelle institution, à la fois active et contemplative, dédiée à la réparation, par la prière, des offenses faites au Sacré Cœur et à la propagation de cette dévotion, en faisant œuvre d’apostolat auprès des jeunes.

Naissance des Sœurs Apôtres du Cœur Eucharistique de Jésus

La « Pieuse union des Sœurs apôtres du Cœur eucharistique de Jésus » est approuvée le 11 février 1936 par l’évêque de Lucera. Un mois plus tard, le 21 avril, l’évêque inaugure la première communauté dans l’ancien couvent de Santa Maria della Sanità, à Volturara Appula. Le 12 mars 1963, le pape Jean XXIII donne à son tour son approbation.

Éduquer, évangéliser et conduire les âmes au Christ

Les religieuses, menées par Maria, organisent des écoles catéchétiques, des jardins d’enfants, des activités parascolaires et professionnelles pour les jeunes. Elles y développent des méthodes pédagogiques novatrices au service de la foi, comme l’utilisation de projecteurs pour illustrer la vie de Jésus, afin de rendre l’enseignement de la foi plus accessible et engageant pour les jeunes. Pour Maria, la correspondance épistolaire constitue un moyen d’évangélisation majeur. Une simple carte postale lui fournit l’occasion d’exprimer spontanément et de manière convaincante son amour pour le Christ.

Une œuvre qui s’étend malgré les épreuves

D’autres communautés voient le jour dans les Pouilles, en Campanie, en Sicile, en Toscane et à Rome. Malgré ses responsabilités de fondatrice et le succès de son œuvre, mère Marie Crucifiée continue d’accomplir des tâches modestes au couvent et auprès des jeunes.

La spiritualité de la Croix et de la réparation

Dans sa lettre circulaire numéro 33 de mars 1948, elle écrit : « Sachons nous sacrifier pour la gloire de Dieu, en affrontant les difficultés, en faisant tous les sacrifices, en nous adaptant dans ces lieux inconfortables, où nous serons appelées à aller au secours des âmes marginalisées, en rompant pour elles le pain de la vérité et en nous soumettant d’un cœur joyeux même à la privation de la communion eucharistique quotidienne, dans ces lieux où le prêtre manque. » Comme le Christ, à la lumière de sa croix, Maria a accepté diverses souffrances et incompréhensions, en les unissant à celles de Jésus. Elle a su offrir les épreuves physiques et morales, sans se révolter, pour le salut des âmes. Padre Pio lui écrivait : « Qui aime souffre. Ce n’est pas une punition, c’est une épreuve précieuse » (lettre du 9 avril 1918).

Le retour à la Maison du Père et la reconnaissance de l’Église

Mère Maria rend son âme à Dieu le 23 mai 1973, à l’âge de quatre-vingt-un ans, au siège de la congrégation, à Naples. Son corps, d’abord enterré au cimetière napolitain de Poggioreale, est ensuite transféré le 17 mai 1992 dans la chapelle de la maison mère, Via Nuova San Rocco 12, à Naples, dans le quartier de Capodimonte, où il est exposé à la vénération des fidèles. Maria Gargani est proclamée bienheureuse le 2 juin 2018.

 

Selige Maria Crocifissa del Divino Amore, Maria Gargani, bitte für uns!

Heiliger Pater Pio, bitte für uns!

Au-delà des frontières : l’héritage missionnaire

Mère Maria est morte avec le grand désir de voir la congrégation franchir les frontières italiennes. C’est ce qui s’est produit en 1980, lorsque les premières sœurs missionnaires sont parties pour l’Afrique : aujourd’hui, elles sont présentes au Burkina Faso et au Tchad. Les œuvres auxquelles elles se consacrent sont toujours la propagation du culte du Sacré Cœur, l’éducation des enfants et des jeunes, en particulier dans les régions où il y a une pénurie de prêtres.

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En complément

Source: 1000 raisons de croire, Solveig Parent

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