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Féminisme et christianisme

Dans le paysage intellectuel et politique contemporain, le féminisme bénéficie d’une autorité morale quasi incontestée. En 2026, se déclarer antiféministe suffit souvent à être soupçonné d’indifférence à la dignité des femmes, d’hostilité au progrès, voire d’infidélité à l’esprit chrétien. Même dans l’Eglise Catholique, le féminisme est fréquemment perçu comme un allié naturel de la foi, comme une étape nécessaire de l’histoire de la libération des femmes.

C’est précisément cette évidence supposée que la philosophe catholique américaine Carrie Gress remet radicalement en question. À l’occasion de la parution de son ouvrage Something Wicked: Why Feminism Can’t Be Fused With Christianity, elle propose une critique de fond : le féminisme n’est pas simplement un mouvement ayant dévié de ses intentions initiales, mais une idéologie dont les fondements mêmes sont incompatibles avec l’Évangile

Le féminisme comme idéologie

Selon Carrie Gress, le féminisme ne doit pas être évalué à partir de ses intentions déclarées, mais à partir de ses fruits concrets dans la vie des femmes, des hommes et des familles. À ce titre, elle le rapproche d’autres idéologies modernes qui ont revendiqué une autorité morale tout en vidant le christianisme de sa substance spirituelle.

À l’instar du communisme — que Fulton J. Sheen analysait déjà comme une « religion de substitution » — le féminisme emprunte au christianisme son vocabulaire moral : égalité, justice, compassion pour les victimes. Mais il en modifie profondément la logique interne. Là où l’anthropologie chrétienne repose sur la relation, la complémentarité et la responsabilité, le féminisme introduit une lecture conflictuelle de la réalité, non plus fondée sur la lutte des classes, mais sur la lutte des sexes.

Historiquement, Gress situe cette rupture dès les origines du mouvement. Elle conteste l’image idéalisée de figures fondatrices comme Mary Wollstonecraft, souvent présentée comme une réformatrice chrétienne. Wollstonecraft, rappelle-t-elle, adhérait à une vision unitarienne et voyait dans toute médiation masculine — y compris celle du Christ — un obstacle à l’émancipation des femmes. Dès ses débuts, le féminisme ne cherchait donc pas à réformer le christianisme, mais à s’y substituer.

L’autonomie comme idole moderne

Au cœur de la critique de Gress se trouve la notion d’autonomie. Le féminisme contemporain a transformé l’indépendance en absolu moral, détaché de toute relation, de toute responsabilité et de toute vocation reçue. La liberté n’est plus comprise comme capacité à aimer et à se donner, mais comme autodétermination radicale, affranchie de toute limite.

Cette promesse d’émancipation se révèle cependant trompeuse. En cultivant l’hostilité, le ressentiment et la colère, le féminisme isole les femmes au lieu de les libérer. Il parle abondamment d’émotions, mais rarement de l’amour compris comme sacrifice et fidélité. Le résultat n’est pas une humanité plus compatissante, mais une perte progressive de l’empathie et du sens de la communion.

Gress identifie également un vice moral largement absent du discours contemporain : l’envie. Là où la tradition chrétienne reconnaissait certaines tentations récurrentes chez les hommes, l’envie serait devenue, selon elle, le moteur affectif du féminisme moderne. Les femmes sont encouragées à mesurer leur valeur en comparaison avec les hommes et à désirer ce qu’elles perçoivent comme leurs privilèges : autorité, liberté, statut, absence de contraintes. Cette dynamique nourrit une insatisfaction permanente et fragilise les relations entre les sexes.

L’oubli de l’histoire chrétienne des femmes

Un autre pilier de la critique concerne la vision historique véhiculée par le féminisme. Celui-ci se présente comme une réponse indispensable à des siècles d’invisibilisation et d’oppression des femmes par le christianisme. Or, rappelle Gress, l’histoire de l’Église raconte une réalité bien plus complexe — et souvent méconnue.

Des femmes chrétiennes ont fondé des monastères, bâti des réseaux éducatifs, conseillé des souverains, exercé une véritable autorité spirituelle et culturelle. Au XIX siècle, notamment aux États-Unis, les religieuses catholiques figuraient parmi les éducatrices les plus influentes du pays. Loin d’être passives ou marginalisées, ces femmes agissaient au cœur même de la société.

Le paradoxe, souligne Gress, est que le féminisme n’a pu émerger que sur un terreau profondément chrétien : la conviction de l’égale dignité de toute personne humaine et l’attention particulière portée aux plus vulnérables. Mais ces intuitions, une fois détachées de leur source évangélique, ont été retournées contre l’Église et contre la famille.

Au-delà du féminisme et de sa réaction

Pour autant, la critique de Carrie Gress ne se limite pas au féminisme. Elle met également en garde contre certaines réactions contemporaines qui, sous couvert de s’y opposer, reproduisent les mêmes logiques de pouvoir et de ressentiment. Certains courants masculins radicaux idéalisent des rôles féminins rigides et répondent au mépris par le mépris. Feminisme et antiféminisme restent alors prisonniers d’une même vision conflictuelle de l’être humain.

La réponse chrétienne, affirme Gress, se situe ailleurs. Elle ne prend pas la forme d’une idéologie concurrente, mais d’un retour à la notion de vocation. Dans une perspective chrétienne, la question n’est pas d’abord celle des droits abstraits ou des rôles prédéfinis, mais celle de l’appel concret de Dieu dans une vie donnée. Les époux discernent ensemble, dans le temps et selon les circonstances, comment vivre leur mission respective au service de Dieu et des autres.

Un débat décisif pour l’Église

La réflexion de Carrie Gress met en lumière un enjeu fondamental pour l’Église aujourd’hui. Le rapport entre féminisme et christianisme ne relève pas d’un simple débat sociologique ou politique, mais engage une vision de l’homme, de la femme, de la liberté et de la vocation.

La publication de ce livre aide à réexaminer l’alliance souvent présumée entre foi chrétienne et féminisme, et de redécouvrir, au cœur même de la tradition catholique, les ressources spirituelles capables d’honorer pleinement la dignité et la mission des femmes, sans les dissocier de l’Évangile.

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