
Ici, dans un monastère froid et modeste, vit un « rival » de François d’Assise, nommé Padre Pio, dont les mains et les pieds sont percés des stigmates. Chaque matin, il célèbre la messe avant le lever du soleil, lorsque les paysans commencent à se rendre aux champs pour travailler. Toute sa vie quotidienne est un exemple d’humilité et de dévouement à son Seigneur ; il méprise les biens de ce monde et ne considère comme suprême que l’amour du Christ. (-Mary Pyle, dans une lettre à sa mère)
Qui est-il ?
Pour entreprendre ce chemin, nous devons d’abord comprendre quelque chose de l’homme qui nous guide. Comprendre Padre Pio représente un véritable défi. Il disait lui-même : « Que puis-je vous dire de moi ? Je suis un mystère pour moi-même ! » Tout ce que nous savons et pouvons expliquer, c’est qu’il a vécu comme le Christ crucifié et qu’il avait une profonde dévotion envers Jésus et Marie.
Véritable maître spirituel, Padre Pio a utilisé ses dons extraordinaires pour former des âmes amoureuses de Dieu et nourries par la sagesse de la Croix. Par son grand exemple et ses paroles, beaucoup l’ont suivi — y compris sa chère fille spirituelle, l’héritière américaine Mary Pyle, qui ouvrait continuellement sa maison près de San Giovanni à ceux qui affluaient pour recevoir ses conseils et sa bénédiction.
Padre Pio reconnaissait sa vocation comme celle d’un instrument choisi par Dieu, unissant toute sa vie à la mission rédemptrice du Christ par amour et en embrassant la Croix. Dans une lettre de juin 1913 adressée à Padre Benedetto, son directeur spirituel, il confiait son désir de suivre Jésus jusque dans le martyre :
« [Mon] âme s’embrase du désir le plus ardent de posséder Jésus tout entier. Puis, avec une vivacité indescriptible communiquée à mon âme par le Seigneur, il m’est montré comme dans un miroir que toute ma vie future ne sera qu’un martyre. Sans savoir pourquoi, et avec un amour inexprimable, je désire la mort. Malgré tous mes efforts, je me sens poussé à demander à Dieu, les larmes aux yeux, qu’il me retire de cet exil. Je me sens enflammé d’un désir si vif et si ardent de plaire à Dieu, et saisi d’une telle crainte de tomber dans la moindre imperfection, que je voudrais fuir tout commerce avec les créatures. Cependant, un autre désir se lève dans mon cœur comme un géant : le désir d’être au milieu de tous pour proclamer à pleine voix qui est ce grand Dieu de miséricorde. » (Lettres I, 413)
Réflexion
La vie que Padre Pio a choisie était pleine de sacrifices, qu’il voyait comme des actes d’amour. Il acceptait avec joie toute souffrance corporelle, discernant dans son cœur l’appel de Dieu à accroître ses sacrifices pour le bien des autres.
Il a vécu toute sa vie en contemplant la Croix, cherchant à rendre Dieu heureux, à devenir meilleur, et à aider les autres à trouver le salut. Il a tout appris de Jésus, qui a toujours suivi avec amour et sans hésitation la volonté de Dieu le Père. Il reconnaissait la valeur des souffrances terrestres, qu’il croyait conduire à l’éternité auprès du Seigneur.
Nous avons tous des croix dans la vie. Padre Pio nous enseigne à bien porter les nôtres et à offrir tout ce que nous souffrons à travers elles pour notre salut. Méditez ces paroles de lui :
« Un jour, lorsqu’il nous sera donné de voir la pleine lumière du midi, nous reconnaîtrons et apprécierons combien grand est le trésor que nous avons acquis par nos souffrances terrestres pour la patrie qui n’aura pas de fin. Des âmes généreuses et de celles qui aiment, Dieu attend des actes d’héroïsme et de fidélité afin que, après l’ascension du Calvaire, elles puissent atteindre le mont Thabor. »
Christ, mon Rédempteur…
…Certains jours, je suis un mystère pour moi-même — un instant assis paisiblement et comblé en Votre présence, l’instant suivant me plaignant et m’inquiétant d’un petit désagrément. Ouvrez mes yeux, Seigneur, au don de la souffrance, même lorsque ma croix me paraît très lourde, car je sais que Vous ne me laissez jamais la porter seul. Par la vie et les paroles de Padre Pio, ouvrez mes yeux au chemin du Calvaire, afin que je puisse connaître la joie du matin de Pâques. Amen.
Concluons notre temps de réflexion et de prière par un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père.
Source : Ave Maria Press